
L’arrestation début août d’une dizaine d’officiers maliens, parmi lesquels deux généraux respectés, illustre la nouvelle phase de durcissement du régime militaire au pouvoir à Bamako. Depuis le coup d’État de mai 2021, la junte d’Assimi Goïta multiplie les purges internes, ciblant désormais ceux qui furent longtemps considérés comme des figures de l’armée nationale.
Une scène marquante sur l’ORTM
Le 14 août, lors du journal de 20 heures, les Maliens ont découvert, médusés, les visages d’une dizaine d’officiers de haut rang affichés à l’écran de la télévision nationale. Tous étaient présentés comme des « comploteurs », accusés d’avoir voulu « déstabiliser les institutions de la République, avec l’appui d’un agent des services de renseignement français ». Cette mise en scène visait à frapper l’opinion, mais elle a aussi semé le doute et l’inquiétude au sein des forces armées comme dans la population.
Des généraux dans le collimateur
Parmi les personnes arrêtées figurent deux généraux connus pour leur engagement sur les théâtres d’opérations contre les groupes armés terroristes. Leur mise en cause est perçue par certains comme une tentative d’écarter des figures charismatiques susceptibles d’incarner une alternative au leadership actuel. D’autres y voient un avertissement adressé à tous ceux qui, dans l’armée, pourraient être tentés de contester l’autorité du colonel Assimi Goïta.
Une stratégie de consolidation du pouvoir
Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de la transition s’est progressivement entouré de fidèles, écartant les officiers jugés trop influents ou susceptibles de faire de l’ombre à son régime. Les purges internes, souvent justifiées par des accusations de complot ou de collusion avec l’étranger, participent à ce resserrement du pouvoir. Mais cette stratégie nourrit également la méfiance et fragilise la cohésion de l’armée malienne, pourtant en première ligne face aux menaces sécuritaires.
Des conséquences incertaines
Si le régime met en avant la lutte contre les « ingérences étrangères » et la nécessité de préserver la stabilité, ces arrestations soulèvent des interrogations sur l’avenir de la transition. Elles pourraient accentuer les divisions au sein de l’armée et affaiblir la confiance des Maliens envers leurs dirigeants. Dans un contexte marqué par la persistance des violences jihadistes et les tensions diplomatiques, la multiplication des purges risque d’isoler davantage Bamako sur la scène régionale et internationale.






